Nathalie Schlatter Milon

Psychologue clinicienne

Virage professionnel

17 avril 2012

S’expatrier en Argentine...

2012, année de tous les changements !

Changement de dizaine, de demi-siècle, de continent, de pays, de ville, de langue, d’habitudes, de repères, ... de tout en quelque sorte.

Après 3 années d’activité en libéral, activité pleine et riche, j’ai fermé mon cabinet et me suis envolée pour l’Argentine.
Changement radical, auquel je croyais m’être préparée mais justement, se projeter, anticiper, finalement ne sert pas à grand chose. Il y a toujours l’événement, l’information ou un élément qui ne fait pas partie du "package". Et c’est là que notre noyau intervient, ce "qui on est" dans nos profondeurs. Tous nos attachements au sens de ce qui nous anime mais qui peut parfois nous agiter, se mettent en tension comme remis sur le métier à tisser [de] la vie.

Il me plaît à dire que finalement, après avoir accompagné pendant toutes ces années ceux qui venaient d’ailleurs, après m’être mise à leur école en m’étant laissé porter par leurs savoirs, me croyant capable de mesurer l’impact de leur migration, capable de saisir cette sensation d’étranger, d’étrangeté parce que moi-même, petit-fille de migrants, je me savais porteuse d’une histoire de frontières et d’identité à questionner, il me plaît à alléguer, disais-je, que l’ordre du monde dans lequel je baigne par mon parcours clinique, vient de me rattraper.
Plus question de pensées, d’idées, de représentations. C’est la densification, la mise en acte de la migration, l’inscription dans ma chair. Peut-être est-ce aussi la (re)mise en mouvement d’un processus qui s’était enrayé à la génération de mes parents ?

Boeing 777, a&roport Ezeiza, Bs As, 8 am, heure locale...